Le saros

Le saros un cycle de 223 lunaisons au terme duquel les éclipses se reproduisent quasiment à l’identique.

Mathématiquement, on pourrait définir le saros comme le plus petit commun multiple entre la lunaison et le nœud.

♫ La partition ♪ des éclipses ♬

Chaque ligne noire représente une nouvelle lune.
Un intervalle entre deux lignes noires équivaut à une lunaison, au milieu de laquelle on trouvera la pleine lune.

Si celle-ci comporte une éclipse partielle, elle est matérialisée par une ligne orange qui indique la portion du diamètre lunaire éclipsé.
Si l’éclipse est totale, c’est une ligne rouge qui occuppe toute la hauteur

La lunaison en cours est en haut du cycle, à midi.
L’instant présent est la barre bleue à gauche du cadre qui sert à projeter l’éventuelle éclipse sur la pleine lune.

Le petit panorama au centre permet de suivre la position de la ligne des nœuds.
L’éclipse sera d’autant plus totale qu’elle est bien alignée sur l’axe Terre - Soleil.

Lorsqu’on clique sur le menu Graphes / Saros, le simulateur avance automatiquement jusqu’à la prochaine pleine lune, puis passe de pleine lune en pleine lune.

Les autres phases ne présentent aucun intérêt, puisque les éclipses lunaires ne se produisent qu’à la pleine lune.

On peut modéliser un saros
comme un chargeur rotatif de diapositives.

Les diapositives étaient des films semi-translucides sertis dans un cache en plastique ou en carton permettant de les manipuler isolément.
Elles étaient une alternative à la photo papier, et pouvaient êtres prises avec un appareil photo argentique, sur un film spécial.

Contrairement à la photo papier, il ne fallait pas développer de négatif, ce qui explique l’origine du terme:

  • Dia, en grec ancien, signifie à travers, car, pour les visionner, il fallait faire passer un puissant flux lumineux à travers.
  • Positive, car c’est le film original qui est directement développé, sans passer par l’intermédiaire d’un négatif.

Pour les visionner, il fallait disposer d’un puissant projecteur, qui les prenait, une par une, depuis un chargeur rotatif ou linéaire.


La projection permettait d’exposer une photo à un grand public,
contrairement à une photo papier qui ne pouvait être visionnée que d’une personne à la fois.

Cette technique est tombée en désuétude avec l’apparition des appareils photos numériques et des ordinateurs multimédias.
Le terme est encore appliqué dans le cadre de logiciels de présentation tels que PowerPoint, dont le rôle est de concevoir des documents destinés à être projetés en public.

Il est à l’origine du terme diaporama.

Comme un chargeur rotatif, un saros nous rejoue les mêmes éclipses toutes les 223 pleines lunes, à de très légères variantes près.

L’origine du saros est repérée par l’aiguille blanche, qui pointe la première nouvelle lune du saros.

D’un saros à l’autre, il peut y avoir de très légères variantes:
Le saros est recalculé au moment où l’aiguille blanche d’origine du saros passe à la verticale.
D’un saros à l’autre, certaines éclipses partielles progressent, d’autres régressent.

Très partielles au début, elles grandissent d’un saros au suivant, jusqu’à devenir totales plusieurs saros plus tard.
Alors que d’autres éclipses régressent jusqu’à la disparition complète.

On qualifie d’homologues deux éclipses qui ont la même position dans le saros, à 223 lunaisons d’écart donc.
On peut donc dire que la même éclipse lunaire revient toutes les 223 lunaisons.

C’est ainsi que le saros permet de prédire les éclipses.

Au fil des saros, une éclipse naît, vit et meurt.

Toutes les éclipses homologues forment ce qu’on appelle une série.
A titre d’exemple, voici la série 136, qui retrace l’évolution de l’éclipse solaire de la 136° lunaison du saros.

Comme les éclipses lunaires, les éclipses solaires aussi naissent, vivent et meurent au fil de leur série.